Tourisme : 5 sites africains à voir absolument

En matière de paysages de rêve, de lieux insolites, de sites inoubliables, l’Afrique ne manque pas d’atouts. Loin de là ! A l’approche des grandes vacances, l’équipe de DIVAS a sélectionné pour vous cinq spots exceptionnels, authentiques et, pour certains, encore quasi inaccessibles. Ils révèlent toute la beauté de ce continent, ainsi que son incroyable diversité.

La Côte des Squelettes (Namibie)

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Bande de terre dunaire à la frontière entre le désert et l’océan, baignée notamment par les rivières Hoanib, Ugab et Kunene, la Côte des Squelettes doit son nom aux carcasses de baleines que les chasseurs abandonnaient jadis sur la plage. Aujourd’hui, l’endroit est surtout jonché d’épaves de navires échoués qui donnent au site un curieux air de cimetière à ciel ouvert. L’ambiance mystérieuse qui se dégage du lieu doit aussi beaucoup à son exceptionnelle richesse géologique ; son sol recèle des gemmes et des pierres semi-précieuses rares. En dépit d’une apparence macabre et inhospitalière, la Côte des Squelettes, classée parc national, abrite des plantes millénaires et une faune sauvage riche composée de lézards, lions du désert, girafes, otaries, crabes fantômes, éléphants, zèbres, springbox, hyènes, rhinocéros noirs, chacals et, pas moins de 247 espèces d’oiseaux ! Ces bêtes s’abreuvent aux rivières de la côte dont elles remontent le lit jusqu’à la mer. Elles partagent leur territoire avec les Himbas, un peuple de pasteurs à la peau rougie par l’ocre.

Y aller : Quelques tour operators proposent de s’y rendre pour des safaris ou du trekking ; il est recommandé de s’adresser à l’un d’eux car la zone est protégée et les parcours très réglementés pour des raisons écologiques et de sécurité. Air Berlin, Lufthansa ou encore British Airways relient l’Europe à la Namibie. L’aéroport de Windhoek, la capitale, est le plus important mais, pour se rapprocher du site, il est préférable d’atterrir à Walvis Bay. Où loger : De nombreux campings plus ou moins luxueux offrent un hébergement confortable. On retient le Pelican Point Lodge de Walvis Bay et le Namib Guesthouse de Swakopmund. A voir / faire : La réserve d’otaries de Cap Cross, les épaves du parc national, la ville de Swakopmund et son architecture coloniale germanique, Walvis Bay et ses colonies d’oiseaux…

Belo-sur-Mer (Madagascar)

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Aux abords du parc national de Kirindy Mitea, Belo-sur-Mer est un des sites les plus pittoresques de Madagascar. Ce petit village de pêcheurs et de constructeurs de boutres (bateaux à voile traditionnels d’origine arabe) possède une forêt étonnante de « baobabs bouteille ». Les hommes du chantier naval fabriquent également des goélettes, d’après un savoir-faire que leur auraient transmis autrefois des marins bretons. Ils tracent leurs plans à même le sable, et leurs esquisses s’effacent aussitôt avec le ressac… Au large, des îlots coralliens splendides fournissent un excellent prétexte pour faire escale dans ce lieu encore épargné par les circuits touristiques ultra-fréquentés. Et si l’usage de la plage pour les besoins domestiques de la population rend la baignade et le farniente peu attrayants, la vue en revanche est magnifique. A marée basse, la baie devient une sublime grève de sable blanc baignée de lumière. Ce paysage à lui seul vaut le détour. Attention cependant, la morsure de soleil est ici parfois si intense que les femmes et les fillettes se badigeonnent le visage avec la pulpe écrasée d’une plante locale.

Y aller : Le voyage en taxi brousse sur la piste entre Morondava et Tulear est un sacré périple. Il vaut mieux l’effectuer en 4×4 avec un bon guide. Mais sachez que la piste est totalement impraticable à certains moments de l’année. On peut alors y accéder par la mer. Air France et Kenya Airways desservent la capitale malgache, Antananarivo. Où loger : Le Tsara Belo et le Dauphin Vezo proposent sur place un hébergement tout à fait convenable. A voir / faire : Les salines d’Antsira et la forêt de « baobabs bouteille », le chantier naval du village, la mangrove… On peut y pratiquer quelques activités nautiques comme la planche à voile, la pêche au gros, la plongée ou le kite-surf.

Les îles Bijagos/Bissagos (Guinée-Bissau)

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Ce chapelet de quatre-vingt huit îles et îlots au large de Bissau, dans l’océan Atlantique, constitue un paradis d’une rare beauté. Un Eden sauvage et authentique, qui se livre encore timidement. Seulement une dizaine de ces bouts de terre sont habités. Leur faune et leur flore atypiques leur ont valu, pour certains, d’être classés réserve de la biosphère par l’Unesco. Requins, crocodiles, chimpanzés, tortues et hippopotames marins, dauphins, lamantins, pélicans, flamands roses, hérons… peuplent cette mosaïque de paysages entre forêt, mangrove, palmeraies, plages et savane arborée. Au cœur de cette nature préservée, les Bijagos, peuple local subdivisé en clans, conservent jalousement leurs coutumes. Ces tribus à la tradition guerrière et mystique très enracinée entretiennent des mœurs matrilinéaires, préservées grâce à l’isolement insulaire : ici, les croyances animistes bijagos confèrent aux femmes un pouvoir sacré, garant de leur autorité sociale et familiale.

Y aller : On accède à Bubaque en ferry depuis Bissau ; mais aucun transport officiel n’est ensuite prévu pour aller d’île en île. On peut louer les services d’un piroguier. Mais vaut mieux s’en remettre aux circuits des tour operators. Bissau est desservi par Royal Air Maroc. Où loger : Bubaque offre de nombreuses possibilités d’hébergement. L’hôtel Lodge Ponta-Anchaca, les chambres d’hôtes Casa Dora et Kasa Africana ont la préférence des voyageurs. En voyage organisé, les guides proposent de séjourner dans des bivouacs ou des campements de pêcheurs. A voir / faire : La ponte des tortues marines sur l’île de Poilao, les balades à pied et en bateau dans les bras de mer bordés de mangroves, le village sacré d’Okinka Pampa qui abrite les tombeaux des reines, l’île d’Orango et ses hippopotames d’eau salée, Bolama la ville fantôme – ancienne capitale de la Guinée portugaise… On peut également pratiquer de la pêche sportive ou du kayak de mer.

Le lac Rose (Sénégal)

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Situé non loin de Dakar, à quelques centaines de mètres de la mer, ce grand lagon peu profond est entouré de dunes et de filaos. Rendu célèbre en tant qu’ancienne étape ultime du Paris-Dakar, il baigne le petit village de Sangalkam. Sa couleur si caractéristique qui varie du rose au mauve suivant l’exposition solaire, est dûe à son écosystème unique – une très forte salinité et des micro-organismes rarissimes, adaptés à ce milieu extrême. Chaque jour, c’est le même ballet incessant : des extracteurs de sel, plongés dans l’eau jusqu’à la taille, chargent les croûtes de minéraux sur des pirogues pour les charrier ensuite jusque sur la berge. Là, les femmes s’en emparent pour les porter ensuite sur la tête jusqu’à un immense tas de sel sur la plage. Une chorégraphie qui semble immuable et éternelle. Pourtant, depuis de nombreuses années déjà, biologistes et défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme : la surface du lac Rose ne cesse de diminuer et si l’exploitation sauvage du site se poursuit, il pourrait être amené à disparaître.

Y aller : Depuis Dakar, par la plage à marée basse ou par la route en passant par Rufisque. Pour un vol depuis l’Europe, vous avez l’embarras du choix : Air France, Vueling, Turkish Air, Royal Air Maroc ou encore Emirates, pour ne citer que ces compagnies-là, desservent Dakar. Où loger : Côté hébergement, l’offre ne manque pas à Dakar et ses environs. On peut opter pour les grandes chaînes (Novotel, Radisson, Ibis…) ou, plus près du site, pour le Calao du Lac Rose qui offre des prestations convenables. A voir / faire : Traverser les dunes environnantes en 4×4, à moto ou en quad… Les moins casse-cou, plus contemplatifs, préféreront sans doute les promenades équestres ou à dos de dromadaire.

La cité lacustre de Ganvié (Bénin)

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C’est, dit-on, la « Venise de l’Afrique ». Mais avec son manège de pirogues marchandes lourdement achalandées de poisson frais, de légumes et de condiments, ses cases en bambou montées sur pilotis, et les cris d’enfants qui s’ébattent dans l’eau, Ganvié ressemble davantage à certains autres marchés flottants d’Asie. D’après la légende, cette cité lacustre au cœur du lac Nokoué doit son existence au roi Agbogdobé. Afin de sauver son peuple d’une razzia esclavagiste en 1717, ce souverain originaire du Togo se serait transformé, grâce au vaudou, en crocodile et aurait transporté ses sujets de la rive à l’île de Ganvié où, protégés par la lagune, ils échappèrent au funeste sort qui les attendait. D’ailleurs le mot « ganvié » signifie littéralement en fon, « la collectivité sauvée ». Depuis, le crocodile est un animal sacré pour toutes les populations qui vivent sur et aux abords du lac. Ganvié compte aujourd’hui environ 30 000 habitants appelés les « Hommes de l’eau » ou « Toffinous » qui vivent de la pêche – à la nasse ou au filet – et du tourisme. Le site est un enchantement et, en certains endroits, le lac offre une échappatoire appréciable, loin de l’agitation de Cotonou.

Y aller : Depuis Cotonou, il faut se rendre à l’embarcadère d’Abomey Calavi, distant d’une quinzaine de kilomètres de la capitale, puis emprunter une pirogue à moteur ou à rames sur 8 km avant de tomber sur les premières maisons. Au départ de l’Europe, plusieurs compagnies aériennes établissent une liaison avec Cotonou : Air France, Brussels Airlines, Royal Air Maroc… Où loger : L’hôtel Ibis de Cotonou. Les plus aventureux testeront l’Expotel de Ganvié (Chez Raphael), bâti sur le lac. A voir / faire : Se balader sur la lagune, déguster du poisson frais dans un des restaurants du village, observer le rituel des pêcheurs à l’akadja (sorte de nasse locale)…