Kellylee Evans veut groover le monde !

Douze ans de carrière ; une seconde place à un concours de jazz prestigieux – Thelonious Monk International Jazz Vocals Competition – en 2004 ; un Juno Award en 2011 pour son album « Nina », en hommage à Nina Simone… Kellylee Evans n’a rien d’une novice ! Avec « Come on », son cinquième opus, la chanteuse canadienne d’origine jamaïcaine entonne un hymne à la vie après avoir frôlé la mort.

Passionnée par le chant depuis l’enfance, Kellylee Evans a interrompu ses études de droit pour se lancer dans la musique, juste après le décès de sa mère. Depuis, sa carrière n’a cessé d’aller crescendo. En tournée, elle a participé à de nombreux festivals et fait la première partie d’artistes renommés comme George Benson, Tony Bennet ou encore Diane Reeves. Dans « I Remember When », son précédent album, avec son timbre chaud, très groovy, elle revisite des tubes de hip-hop et de soul empruntés à Eminem, Dr. Dre, Kanye West, Sexion d’Assaut, John Legend… Une performance saluée par la critique, qui lui vaut d’accroître encore le nombre de ses fans partout dans le monde.

L’appétit de vivre En 2013, victime d’un terrible accident (ndlr, elle est frappée par la foudre) dont elle se remet de justesse, elle refuse cependant d’annuler sa tournée internationale prévue cet été-là ! Elle est alors contrainte de se déplacer en fauteuil roulant et de chanter assise sur scène. Suite à cette expérience, Kellylee éprouve « le besoin d’exprimer (son) amour de la vie et des gens ». C’est ainsi que naît « Come On » : « Ce disque est un appel à foncer, à aller de l’avant. Ce message m’est autant adressé qu’aux autres » confie-t-elle. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que l’artiste frôle la mort, elle qui a survécu à deux accidents de voiture et à une allergie à un médicament. « Chaque jour on prend des risques rien qu’en se levant » affirme-t-elle. Ainsi, son titre Unbreakable (traduisez « incassable »), évoque le désir de continuer à vivre et à aimer.

Old et new school Ce n’est donc pas étonnant si « Come On » nous plonge dans un univers jazz-soul-60’s euphorisant. On sent la marque des « golden oldies », ces classiques de la Motown autrefois chantés par Diana Ross et les Supremes ou par les Jackson Five… « J’aime le caractère joyeux de cette musique-là, s’enthousiasme Kellylee. Sur les vidéos de l’époque, les gens dansent sur scène comme dans le public. J’adore ! » Un style old school que notre vocaliste hors pair remet au goût du jour, également influencée par des références plus contemporaines : Amy Whinehouse, Mark Ronson, Bruno Mars, Sia… « Avec le pianiste Eric Legnini, raconte-t-elle, on ne s’est vraiment pas sentis restreints musicalement. On s’est beaucoup marrés en studio ». Et, quand on lui trouve des connexions avec l’Afrique, elle sourit, amusée : « ça n’a rien d’étonnant non ? Culturellement, musicalement, la Jamaïque et l’Afrique sont liés ».

A 41 ans, Kellylee Evans, maman comblée de trois enfants, n’a pas fini de s’émerveiller, ni de rêver. Elle rêve d’être comme toutes ces muses qu’elle porte dans son (grand) cœur : chanter comme une Shania Twain, une Sade ou une Whitney Houston ; composer comme une Mariah Carey ou une Abbey Lincoln ; occuper la scène comme une Shirley Horn, ou mieux encore, une Nina Simone – dont la force lui rappelle celle de sa grand-mère.

Par Julien Legros