Okwui Enwesor, commissaire sans frontière

Peu connu du grand public, Okwui Enwesor règne en maître dans le domaine de l’art contemporain. Depuis vingt ans, cet américano-nigérian qui vit entre New York et Munich, sélectionne les artistes les plus influents au sein d’expositions internationales renommées – comme la Biennale de Venise, dont il est le commissaire cette année et qui se tient actuellement jusqu’au 22 novembre 2015.

Avec sa double nationalité, Okwui Enwesor navigue facilement entre les cultures. Barcelone, New York, Munich, Johannesburg, Paris… ses projets artistiques fleurissent partout. Pour ce dandy cosmopolite, à la tête de la Haus der Kunst de Munich, l’art n’a pas de frontière et c’est justement auprès d’œuvres contemporaines d’auteurs qui ont foulé, comme lui, plusieurs continents qu’il puise son inspiration.

L’art pour passion Né au Nigéria en 1963, Enwesor cultive cependant un amour particulier pour l’art africain, sur lequel il écrira plusieurs livres, tout comme sur le modernisme et l’architecture post-colonialiste. On lui doit par ailleurs des expositions engagées documentées d’archives comme d’œuvres contemporaines sur l’Apartheid ou l’indépendance des pays d’Afrique, qu’il a inaugurées aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe.

Un homme de son temps Après la Triennale du Palais de Tokyo (Paris) en 2012, Enwesor a été nommé directeur artistique de la 56e édition de la Biennale d’Art de Venise. Son exposition, All the World’s Future, raconte, au travers d’œuvres venues de 53 pays différents, les liens entre l’anxiété générée par l’actualité d’aujourd’hui et la création artistique. Une thématique qui laisse peu de place à l’optimisme, mais qui invite les spectateurs à réagir et surtout à agir pour donner un sens plus positif à notre environnement, et, par conséquent, à changer le futur de l’art contemporain au-delà des frontières politiques.