Coup de cœur : Faada Freddy, magic soul

Du son hip-hop-reggae de Daara J Family, le groupe sénégalais qu’il a co-fondé il y a vingt ans, à la pop-soul a cappella de son premier album solo Gospel Journey, Abdou Fatha Seck, alias Faada Freddy, 40 ans, a inventé un genre musical à la fois organique, hybride et insolite. Ce candide éclairé, interviewé dans le numéro 78 de DIVAS, a accepté de faire ces quelques confidences en off.

Votre plat favori : Le tiep bou dien. Mais je viens de découvrir le poulet kedjenou, alors mon cœur balance !

 Votre lieu préféré au monde : Saint Louis (Sénégal). C’est une ville calme, métissée et pleine de sagesse. J’y ai fait ma première école de la vie, dans la case des circoncis. Les oncles te parlent de la dureté de la vie, t’obligent à danser avec une femme alors que tu n’es pas cicatrisé, te donnent des conseils de vie.

Votre livre de chevet : Le Prophète du poète libanais Khalil Gibran.

 Le duo de vos rêves : Enregistrer avec le chanteur et bassiste camerounais Richard Bona. C’est un génie, mais aussi un révolté.

 Votre playlist du moment : Gregory Porter, j’adore…

 Vos rêves pour l’Afrique : Que le mot « Afrique » soit enfin une réalité. Il y en a assez de ce gâteau de Bismarck que les colons nous ont légué (ndlr. allusion à la Convention de Berlin organisée par le chancelier allemand Bismarck, qui s’est soldée le 26 février 1885 par un partage de l’Afrique entre les puissances coloniales). Le continent serait plus fort s’il était uni. D’abord, il faut que cesse toute ingérence étrangère. Les pays riches doivent échanger avec les pays pauvres, leur apporter du soutien pour le bien de tous et non pas au dépend de certains. Il faut que les Africains, blancs ou noirs, du continent comme de la diaspora, et tous les afrophiles se concertent, s’investissent humainement, culturellement et financièrement.

Propos recueillis par G. Yossa