Kinee, top-model au grand cœur

Pommettes hautes, lèvres ourlées, regard intense. Ce visage, vous l’avez forcément déjà vu sur un défilé à la télévision ou bien, plus probablement, dans les pages d’un magazine de mode. C’est celui de Kinee Diouf, 28 ans. Son allure féline à la Grace Jones est si percutante qu’elle en devient intimidante. Mais sous ces traits d’icône fashion, se cache encore la petite Sénégalaise au grand cœur qui, enfant, rêvait de travailler dans l’humanitaire.

Kinee découvre le monde de la mode auprès de la styliste et ex-mannequin Habiba Soukoulé, une « grande sœur » qui lui met le pied à l’étrier et lui apprend à marcher sur les podiums – les fameux « T ». A l’époque, la native de Dakar à la silhouette filiforme, très élancée, ne correspond pas vraiment aux canons de beauté recherchés à Abidjan. Mais peu importe, puisqu’elle ne compte pas en faire son métier. D’ailleurs, à son arrivée à Paris au milieu des années 2000, elle envisage plutôt de poursuivre des études d’art !

C’est compter sans le talent persuasif du créateur camerounais Imane Ayissi qu’elle rencontre par la suite. Ce dernier repère d’emblée le potentiel de Kinee et la convainc de persévérer dans le mannequinat. Presqu’aussitôt, Kinee signe dans la foulée un contrat professionnel avec l’agence Nathalie Paris puis, quelques mois plus tard, un second avec la prestigieuse New York Models. Commence alors une fulgurante carrière internationale jalonnée de succès.

Telle une étoile filante Dès le départ, comme l’avait prédit son mentor Imane, les longues jambes et le teint ébène de Kinee font sensation. En mars 2006, Givenchy et Diane von Furstenberg la bookent sur leurs défilés parisiens. En octobre de la même année, elle regagne le catwalk pour Louis Vuitton, Roberto Cavalli et Lanvin – Albert Elbaz, le directeur artistique de la célèbre maison en fait pratiquement sa muse. En 2007, Benetton, les cosmétiques MAC, Moschino et Diesel l’engagent pour des campagnes publicitaires. Par la suite, elle défile pour Proenza Schouler, Lacoste, Kenzo, Giambattista Valli ou encore Zac Posen, pour ne citer que ceux-là. En 2010, Kinee quitte New York Models pour IMG.

Kinee Diouf en couverture du VOGUE néerlandais (Juillet 2013).

Tout au long de ce parcours sans faute, que ce soit pour des campagnes ou pour des covers, le style inimitable de Kinee est capturé par d’illustres photographes, de Terry Tsolis à Viviane Sassen, en passant par Peter Lindbergh. Sans oublier Ishi qui la shoote en juillet 2013 pour le Vogue néerlandais : la publication fait alors grand bruit dans la fashion sphère car c’est la première fois que l’édition des Pays-Bas consacre sa couverture à un mannequin noir ! Pour Kinee, c’est la consécration alors même que sa carrière n’a pas encore fêté ses dix ans…

L’autre vocation Mais si la mode lui est tombée dessus comme par hasard, il est une autre destinée que Kinee a toujours souhaité embrasser : celle de venir en aide aux plus faibles. Un désir qu’elle nourrit depuis l’enfance : « Petite, je voulais travailler dans l’humanitaire » déclarait-elle dans une interview au site flashmagonline.net en mars 2012. La création de la Kinee Diouf Foundation for African Children en septembre de cette année-là est donc l’aboutissement d’un vieux rêve.

Basée à New York, l’organisation s’engage auprès des enfants du continent et principalement ceux du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, en fournissant aux orphelinats et institutions similaires du matériel pédagogique et médical, des vêtements, ainsi qu’une aide financière.